Soliman II appartient à la suite des Contes moraux (même s'ils ne l'étaient pas vraiment...) que Marmontel publia avec un immense succès à partir de 1765. Servis par une langue admirable, ces courts récits sont pétris de l'esprit du temps, brillant, superficiel, un brin cynique et raffinant avec délectation les subtilités du sentiment amoureux.
Soliman, qu'ennuient les trop dociles femmes de son sérail, se pique de "faire aimer l'esclavage à des coeurs nourris dans le sein de la liberté". Pour satisfaire au caprice du sultan, on lui amène trois esclaves européennes. Il va s'éprendre, puis se lasser, des deux premières; mais il n'en sera pas de même avec la troisième, qui était parisienne...
Les portraits sont savoureux, l'humour piquant, le style superbe - et de plus, le conte se prête merveilleusement à l'illustration musicale, évidemment parce que la musique et le chant en scandent régulièrement les péripéties, mais plus encore à cause de l'artifice du style et de la superbe élégance de la langue, déjà musique en soi. De là est venue l'idée de "dire" ce conte, et de l'agrémenter de morceaux caractéristiques, eux aussi, du goût pour un Orient rêvé - sans trop grand souci de fidélité ethnologique!
Forme originale, légère et particulièrement raffinée, La Sultane se prête autant à l'intimité des salons qu'au cadre plus large des théâtres ou des salles de concert.
Au programme :
Rameau • Caccini • Glück • Haendel • Lully • Couperin • Campra • Montéclair
1 soprano, 1 récitant et 5 instrumentistes :
Marie-Louise Duthoit : soprano
Vincent Tavernier : récitant
François Lazarevitch : direction musicale, flûte traversière
Stéphanie Paulet : violon
Stéphane Fuget : clavecin
Julien Léonard : viole de gambe
André Henrich : théorbe
Durée :
1h15 sans entracte
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