Je voy le bon tens venir

Polyphonies & danses autour de 1400

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Alpha productions • Alpha 189 • ISBN 3760014191893 • 1 CD • 1 h 06

  1. Kere Dame – Je voy le bon tens venir (4:29)
  2. Ce jour de l’an (3:44)
  3. Donne moy de ton pain bis – Allons Commenchier – J’oÿ les clés (1:31)
  4. Mal vi loyauté (3:38)
  5. Et je ferai (3:20)
  6. Je commence – Et je feray – Soules viex (3:08)
  7. Tres gentil cuer (3:47)
  8. En ce gracieux tamps (2:54)
  9. Tant plus vos voye – E dieus, conment j’ay grant desir (3:09)
  10. Soit tart tempre – Ja falla – En ties, en latim (3:52)
  11. Gli atti col Dançar (4:47)
  12. J’ay grant desespoir – J’ay grant espoir (5:22)
  13. Tres douche plasant bergiere – Reconforte toy, Robin (4:23)
  14. L’escu d’amors (2:21)
  15. Un fait d’armes (1:06)
  16. Pour dieu vous pri (2:09)
  17. Tres dous compains (3:27)
  18. Bergeronnète – Robin, par l’ame ten pere (2:35)
  19. Robin muse – Je ne say fere (2:00)
  20. Prenés l’abre Peyronelle (4:18)

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À propos

Interprètes
François Lazarevitch : direction, flutes, cornemuses, organetto 
Simone Sorini : ténor, luth 
Enea Sorini : baryton, tympanon, percussions 
Marc Busnel : basse 
Angélique Mauillon : harpe 
Nicolas Sansarlat : vièle à archet, rebec, bombarde à clef, chalemie 
Julien Léonard : vièle à archet 
Sandie Griot : trompette à coulisse

Par leur expérience des bals de danses anciennes, Les Musiciens de Saint-Julien ont surtout intégré un art vivant du balancement rythmique, des appuis légèrement chaloupés, que l’on n’attendait pas dans les rythmes complexes d’un virelai de Senlèches, mais qui fait merveille.

isabelle ragnard – diapason

Presse

mai 2013

Diapason – Diapason d’or

Isabelle Ragnard

Pour le sixième volet de la collection « Mille ans de cornemuse en France », Les Musiciens de Saint-Julien s’aventurent jusqu’aux territoires médiévaux, qu’ils parcourent avec le même bonheur que les sentiers de la Renaissance et du baroque (« Et la fleur vole », Diapason d’or, cf. n°584). François Lazarevitch prend ici pour fil d’Ariane le Jeu de Robin et Marion d’Adam de la Halle (XIIIe siècle) et déniche dans le dédale des manuscrits de la fin du XIVe siècle et du début du XVe des pièces rares aux thèmes plus rustiques que courtois. De savoureux petits motets et virelais polyphoniques rompent avec les clichés d’une période musicale souvent réduite aux trouvailles sophistiquées de l’« ars subtilior ». Parmi les curiosités, on relève la chanson Prenés l’abre Peyronnelle (citant le refrain « Hé reveille-toi, Robin ! ») ou le motet Je commence/Et je ferai/Soules viex, qui est un collage de bouts de dialogues et de cris de colporteurs proche des « fricassées » musicales du XVIe siècle. Avec trois chanteurs clamant à pleine voix, le canon Tres dous compains, dont on ne comptait que des versions instrumentales, manifeste toute la force évocatrice des onomatopées utilisées dans la fauconnerie. D’un programme fignolé pour que l’oreille ne soit pas trop vite fatiguée par la cornemuse, on regrette seulement que les plages extrêmes soient desservies par la spatialisation des voix ; sans doute heureux en concert, l’effet de distance déroute ici. Partout ailleurs, quel art des couleurs et des dosages ! L’éclat de la cornemuse se reflète dans la fine lumière de la vièle et l’arc-en-ciel du tympanon, de la harpe, de la chalemie, du rebec, d’une trompette à coulisse… La rugosité (nuancée) des timbres instrumentaux agit comme un révélateur pour les pièces plus connues. Les mélodies aux étonnantes inflexions (Soit tart tempre) gagnent en vigueur grâce à la belle présence sonore de la cornemuse, tandis que la perception du souffle dans la flûte indienne bansuri ajoute une douce chaleur (Gli atti col dançar). L’influence des pratiques musicales traditionnelles est sensible, mais sans facilités « pittoresques ». Par leur expérience des bals de danses anciennes, Les Musiciens de Saint-Julien ont surtout intégré un art vivant du balancement rythmique, des appuis légèrement chaloupés, que l’on n’attendait pas dans les rythmes complexes d’un virelai de Senlèches, mais qui fait merveille.

mai 2013

ClassiqueNews.com

Camille de Joyeuse

Je voy le bon tens venir : voilà un adage qui vient réchauffer les cœurs en tant de crise […] mais aussi envoûter les sens. Pouvions nous espérer un aussi bel enregistrement poétique, sublimé par son sujet, évoquant les milles grâces de temps meilleurs ? […] Tout un monde sonore surgit ici, sous la pétillance des timbres réunis, auxquels se joignent les 3 voix mâles et détonantes des solistes associés aux instrumentistes des Musiciens de Saint-Julien. Piquante, vivante, chorégraphique aussi, chaque séquence de ce disque enchanteur révèle sans affèterie ni effets artificiels, l’éloquente diversité des sources d’inspiration : dialogues, mélodies, virelais, ballades et motets retrouvent le rythme naturel et caractérisé des polyphonies et danses autour de 1400 (le sujet du programme) : ils y gagnent un surcroît de fascinante intensité grâce au geste articulé et souple des Saint-Julien. La cornemuse comme la flûte enchantée (J’ay grant desespoir, plage 12) de François Lazarevitch n’est pas la moindre facette agissante, voire miraculeuse, de ce disque captivant aux innombrables trésors et surprises. Un choc.

mai 2013

Classica – 3 étoiles

Guillaume Bunel

Avec ce disque consacré à la thématique de Robin et Marion autour de 1400, Les Musiciens de Saint-Julien ne manquent pas de nous surprendre : on les croyait adeptes des répertoires de XVIIe et XVIIIe siècles : les voilà plongés en plein Moyen-Âge, poursuivant leur remarquable travail de mise en relation des répertoires écrits et des traditions orales, avec la vitalité et l’inventivité qui leur est coutumière. Cet enregistrement recèle de très belles idées, qui ne sont pas sans rappeler le travail de l’ensemble Micrologus, également versé dans ces répertoires, en une approche mêlant pratiques populaires et répertoires écrits. Cependant l’ensemble du disque manque singulièrement d’unité. La plupart des choix musicaux séduisent immédiatement, la nervosité rythmique des voix tout autant que la suavité de la flûte, la vigueur de l’« alta capella » comme la retenue expressive de la harpe…

avril 2013

Musiques-medievales.eu

Christian Brassy

Cet enregistrement se veut l’étape médiévale du projet « 1000 ans de cornemuse en France » que François Lazarevitch mène depuis plusieurs années. Un monde médiéval qui ne lui est d’ailleurs pas étranger : il s’était en particulier formé à ces musiques auprès de l’ensemble Micrologus et il participe encore régulièrement au programme « Le jeu de Robin » d’Adam de la Halle.
C’est ce même thème de « Robin et Marion » qui est ici repris, tel que les successeurs d’Adam ont pu l’aborder, à la fin du XIVe siècle. L’occasion, comme dans les autres programmes de « 1000 ans de cornemuse », de faire cohabiter des univers musicaux différents : les échos grivois répondent à la délicatesse courtoise, les danses d’inspiration populaire aux chants à la polyphonie ciselée, les éclats d’une bande de hauts ménétriers à l’intimité des vièle, harpe et luth. Les pièces choisies sont de sources très variées : on y trouve tout autant des chansons des compositeurs les plus subtils du XIVe siècle finissant comme Ciconia, Solage ou Matteo de Perugia, que les thèmes enlevés de virelais peu connus quand ce n’est pas le thème du « Robin, par l’ame de ton père » traité en polyphonie. Certaines sont des révélations comme ce surprenant motet « je commence ma chançon »… dont je vous laisse la surprise. François Lazarevitch, comme toujours, alterne virtuosité brillante et finesse expressive, que ce soit à la cornemuse ou à la flûte traversière ; il se risque même ici à l’organetto. Il a fait appel pour la circonstance à deux comparses rencontrés au sein de Micrologus : Enea et Simone Sorini. Rejoints par Marc Busnel, ils donnent aux pièces chantées un caractère et une énergie de circonstance, y montrant parfois un plaisir évident. Mais ils savent aussi apporter un phrasé bien spécifique à certaines pièces, comme dans le délicat « Gli atti col dançar » de Ciconia. Les couleurs instrumentales sont elles aussi bien présentes : celles des diverses flûtes se mêlant aux luths et vièles, certes ; mais aussi celle d’une bande ménétrière qui rappelle que musique cérémonielle ou festive ne veut pas dire simplicité répétitive : la cornemuse virtuose s’appuie sur de riches voix intermédiaires jouées aux chalemie, bombardes et trompette à coulisse, où la complexité rythmique n’est pas absente. Voilà donc un très bel enregistrement, d’une grande variété de climats, mais avant tout plein d’une vivacité […] printanière.

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