Purcell, Songs & dances

Airs pour contre-ténor et danses instrumentales

À propos

Les Musiciens de Saint-Julien, déjà guidés par la flûte virtuose de François Lazarevitch sous les cieux d’Irlande et d’Écosse, chantent ici avec le contre-ténor Tim Mead la terre d’Angleterre. Un programme essentiellement profane, dédié à Henry Purcell, variant les climats dans l’alternance de danses instrumentales et d’airs chantés.

« O Solitude », « Stricke the Viol », « The cold song »… Si Les Musiciens de Saint-Julien ont choisi ces titres si célèbres avant tout pour le plaisir, ils posent également avec ce programme anglais une nouvelle pièce du puzzle de leur carte du Royaume-Uni. Ils montrent par la même occasion – et les couleurs atypiques du petit effectif de cordes complété de deux flûtes, d’une harpe et d’un continuo clavecin/luth sont là aussi pour le souligner – la porosité musicale de l’Irlande, de l’Écosse et de l’Angleterre. Le fil conducteur, cher aux Musiciens de Saint-Julien, est celui d’une musique populaire inscrite au cœur de musiques savantes, d’un brassage d’origines, de pratiques, de répertoires. On reconnaîtra aisément les scotch et irish tunes que Purcell (1659-1695) intègre à ses jigs, hornpipes ou chaconnes.
Purcell est l’unique compositeur de ce programme mais la variété de climats qui s’enchaînent ou se heurtent, se déclinent d’une douce mélancolie jusqu’à des songs plus légers, révèle à la fois l’immense richesse du compositeur anglais et la diversité des éclairages que l’ensemble sans cesse renouvelle. Le contre-ténor Tim Mead ponctue quant à lui les danses d’airs conçus pour la scène d’opéra et de théâtre, ou pour la chambre.

8 à 11 artistes
Soliste
Tim MEAD, contre-ténor
Instruments
2 violons, alto, viole de gambe, contrebasse, flûte traversière/flûte à bec/musette, 2 flûtes à bec/hautbois, théorbe/guitare, clavecin/orgue positif

Agent pour la France :
Les Concerts parisiens
Vincent Lafourcade
vincent@concertsparisiens.fr
+33 (0)1 48 24 16 97  / +33 (0)6 68 81 20 08

Le disque du programme

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Alpha Classics • Alpha 419 • ISBN 3760014194191 • 1 CD • 1 h 06

  1. Minuett – Hornpipe – Boree (3:44)
  2. Stricke the Viol, Touch the Lute (3:40)
  3. O Solitude, my sweetest choice (5:21)
  4. Pavan in G minor (4:38)
  5. Here, the Deities approve (4:22)
  6. Hornpipe (2:16)
  7. May her blest example chase (3:11)
  8. Fairest Isle (4:19)
  9. What power Art Thou (2:46)
  10. Aire (1:10)
  11. Twas within a furlong of Edinboro (3:14)
  12. Scotch Tune (2:05)
  13. Here let my life with as much silence slide (3:04)
  14. Fantazia upon a ground (4:46)
  15. Tis nature voice (4:49)
  16. March (1:30)
  17. Curtain Tune (4:19)
  18. Song Tune (1:42)
  19. One charming Night (2:15)
  20. Chaconne (2:49)

Rendez-vous

Autour du programme

Programme

Curtain Tune [Timon of Athen – Z.632]
O Solitude, my sweetest choice (Z.406)

One charming Night [The Fairy Queen – Z.629]
Chaconne [The Fairy Queen – Z.629]

Here, the Deities Approve [Ode for St Cecilia’s Day, Z.339]

March [The Married Beau – Z.603]
Song Tune [“We the Spirits of the Air” – The Indian Queen – Z.630]
Hornpipe [The old Bachelor – Z.607]

‘Tis nature voice [Ode for St Cecilia’s Day, 1692 – Z.328]
Here let my life with as much silence slide [If ever I more riches did desire, cantate, Z.544]

Fantazia upon a ground (Z.731)

May her blest example chase – Jig [Tune: Hey boys, up go we] – Borry

Fairest Isle [King Arthur – Z.628]
What power Art Thou [King Arthur – Z.628]

Minuett – Hornpipe – Boree [Amphitrion – Z.572]
Strike the Viol, Touch the Lute [Come Ye Sons of Art, Birthday Ode, 1694, Z.323/5]

Presse

novembre 2018

ResMusica

Jean-Pierre Sicard

Exaltation de la danse et du rythme chez Purcell par Tim Mead & François Lazarevitch

François Lazarevitch et les Musiciens de Saint-Julien mettent l’accent sur la diversité d’inspiration de Purcell, qu’unit un sens du rythme ancré dans le répertoire des danses populaires et savantes. Avec la voix très pure de Tim Mead, Songs et airs d’opéra complètent ce panorama. Le Curtain Tune initial, extrait de Timon of Athen, donne le ton : un Purcell très vivant, dont l’originale ligne de basse, au rythme entraînant, nous emporte dans une danse tournoyante, rendue onirique par le toucher particulièrement délicat des violons. On notera la qualité de son et la virtuosité subtile d’Augustin Lusson, qu’il déploie tout au long du concert. Avec le « tube » que constitue O Solitude, Tim Mead montre ensuite sa maîtrise de ce répertoire, alliant simplicité et profondeur, complexité des ornements et clarté du texte. La remarquable homogénéité de son timbre, du plus grave au plus aigu, donne une grande pureté à la ligne vocale. Pourtant, le délicieux One charming Night de The Fairy Queen déçoit un peu, comme si le rythme très marqué donné par les instruments alourdissait l’interprétation vocale, alors qu’il s’agit, selon l’écriture et le contexte de l’oeuvre, de nous plonger dans une rêverie sensuelle Mais dans la chaconne qui suit, tirée du même « semi-opéra », les Musiciens de Saint-Julien démontrent à quel point ils inscrivent leur interprétation dans une riche expérience de tout un répertoire de danses baroques, plus populaires ou plus savantes. Les variations donnent lieu à de savoureuses alliance entre les instruments, pour des changements d’atmosphère sonore très séduisants. On devine les elfes dansant sur ces rythmes qui sautillent et virevoltent…
Pour nous montrer la diversité de l’inspiration de Purcell, des passages de l’Ode for St Cecila’s Day, permettent à Tim Mead une interprétation plus sombre, dont la diction structure les développements, avec de très belles tenues, d’autant plus émouvantes que la voix reste sobre, soutenue par des instruments d’une grande délicatesse. La Fantazia upon a ground relance la dynamique rythmique et nous fait admirer les sonorités contrastées de la flûte à bec et du traverso, comme si son riche contrepoint et ses audaces harmoniques n’étaient qu’un jeu pour l’ensemble des instrumentistes. Dans plusieurs des œuvres données, François Lazarevitch et Elsa Frank donnent l’occasion d’admirer leur virtuosité en duo, avec parfois une petite touche d’humour bienvenue. La voix revient dialoguer avec les instruments pour incarner les contrastes de King Arthur, de la douceur poétique de Fairest Isle, reprise au violon, aux effets dramatiques très réussis du célèbre « Air du froid ». Instruments et chanteur nous proposent aussi des danses ou airs issus de la musique populaire, qui évoquent les pubs irlandais ou écossais et leurs musiciens de tous âge se retrouvant pour jouer ensemble, ici transcendés par la virtuosité, la qualité des timbres et le travail sur les ornements.

novembre 2018

Ôlyrix

Nicolas Mathieu

Purcell Songs and Dances par Tim Mead à la Salle Gaveau

La Salle Gaveau reçoit le contre-ténor Tim Mead, François Lazarevitch et Les Musiciens de Saint-Julien pour un concert baroque autour de Purcell. L’ouverture se fait sur le Curtain tune (Air du rideau, justement) avec les cordes des frottées, pincées et grattées au diapason, installant l’auditoire dans l’esprit de Purcell. Le rythme se calme, Tim Mead se lève sur une gamme ascendante, ronde et pleine à la viole de gambe, déclare un « O, solitude » entre un aigu interpellant et un médium résigné. La voix est d’une grande majesté, d’un timbre ambré, dont les aigus comme les notes les plus basses apparaissent avec un grain très agréable à l’oreille et juste à l’expression. Le vibrato, mesuré et contrôlé, sert une articulation intelligemment menée. En outre, le contre-ténor sert sa langue natale avec prouesse et une certaine élégance, mettant l’accent là où la prose le suggère dans un discours qui n’est pas que notes mais aussi mots pleins de sens. Les deux flûtes de l’ensemble le rejoignent pour offrir leur sonorité chaleureuse dans une Charming Night (The Fairy Queen) tandis que le contre-ténor s’élance vers de premiers mélismes à la tenue suave et douce. Les airs se succèdent, sur le ground (basse obstinée) syncopé du clavecin pour Here, the Deities Approve aux myriades d’ornements légers contrastant avec une voix décidée et installée, puis le ‘Tis nature’s voice où les vocalises s’enchaînent avec souplesse dans une légère agitation sur les nappes de l’orgue et du théorbe, pour laisser place à des glissandi expressifs. Revêtant l’habit du Roi Arthur , il évoque la Fairest Isle avec attention dans le phrasé, naturel dans les lignes, une souplesse qui contraste avec les saccades de la Cold Song dont il fait monter toute la tension jusqu’au « death » final (au “d” presque “t” par un appui expressif). Finalement, c’est par une ode à la musique que le contre-ténor achève son programme, avec les quatre vers du Strike the Viol, Touch the Lute dont les « Strike » bien roulés donnent du mordant à l’air. Dirigés par François Lazarevitch , Les Musiciens de Saint-Julien gratifient l’auditoire de pièces instrumentales choisies avec tact, montrent l’inventivité du compositeur baroque avec de beaux mouvements dansés (la Chaconne, la jig, un Scotch Tune), puis s’adonnent à une Fantazia upon a ground, dont les multiples variations mélodiques et rythmiques sont investies avec ferveur par des lignes ciselées ou staccati. L’ensemble fait alors preuve d’une belle énergie. Quelques décalages et une certaine timidité au niveau des cordes viennent parfois l’atténuer, mais c’est sans compter sur François Lazarevitch, dont l’assurance dans le jeu à la flûte ou à la musette porte l’ensemble avec vigueur. Outre une reprise de la chanson populaire écossaise prise à bras le corps, les interprètes rendent hommage à John Dowland avec un Flow my tears suspensif, dont le contre-ténor file une mélancolie que vient parfois doubler la flûte du chef jusqu’en de longues tenues évanescentes.

novembre 2018

Onmag.fr

Michel Jakubowicz

Henry Purcell, Songs & Dances à La Salle Gaveau

Henry Purcell seul en scène pour nous mener sans escale au coeur du répertoire magique d’un compositeur explorant sans relâche les méandres infinis de son inspiration, jamais prise en défaut. Ce mercredi 21 novembre 2018 à la Salle Gaveau, François Lazarevitch, le contre-ténor Tim Mead et les Musiciens de Saint-Julien o?raient au public un voyage dans l’oeuvre immense d’Henry Purcell. Un programme fort bien équilibré puisqu’il faisait une large place au profane et au sacré, laissant aussi un vaste espace au répertoire s’inspirant de la veine populaire. Si la musique de théâtre était bien présente avec des extraits de The Fairy Queen, King Arthur et The Indian Queen, la musique sacrée était elle aussi mise à l’honneur avec des extraits de l’Ode for St Cecilia’s Day. Un seul chanteur participait à ce concert : le haute-contre Tim Mead, qui, nanti d’une musicalité exemplaire et d’une diction parfaite, offrait au public une complainte bien connue de tous les admirateurs de l’auteur de Dido and Aeneas : le fameux Air du Froid (What power art thou) provenant du semi-opéra King Arthur, or the British Worthy. Un Air célébrissime qui, loin s’en faut, ne laissa pas indifférent l’auditoire qui ovationna longuement le contre-ténor Tim Mead. Tout au long de cette soirée passée dans ce XVIIème siècle Britannique décidément riche en surprises musicales de toutes sortes, un élément prépondérant fut mis en avant par François Lazarevitch et Les Musiciens de Saint-Julien : la musique populaire très riche et profondément enracinée, aussi bien en Angleterre qu’en Écosse. Amphitrion, dont plusieurs extraits étaient présents dans ce concert, fournit par deux fois des escapades dans ce domaine populaire. Si le contre-ténor Tim Mead, se révéla tout au long du concert un interprète inspiré du programme chanté, il serait impardonnable de ne pas souligner la prestation instrumentale des Musiciens de Saint-Julien, impeccables tant sur le plan de la justesse que sur le plan de l’expressivité. Omniprésent et multiple, François Lazarevitch, utilisant un nombre assez considérable de fûtes à bec ou traversières, révéla toute l’étendue de ses facultés de soliste, bien secondé également par Elsa Frank, très à l’aise dans ses interprétations mettant en jeu aussi bien le hautbois que les flûtes. C’est Flow my Tears de John Dowland que Tim Mead et les Musiciens de Saint-Julien placés sous la direction de François Lazarevitch offrirent au public enthousiaste de la Salle Gaveau en guise de bis. Un second bis fut accordé, reprenant un air déjà proposé durant le concert (Scotch Tune).

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